Elle rêve parfois d'un homme à qui elle demanderait: est-ce que tu peux m'aimer?

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Je regarde mes vieux, ils ont soixante-dix, quatre-vingts, quatre-vingt-dix ans, ils me racontent des souvenirs lointains, ils me parlent d'époques anciennes, ancestrales, préhistoriques, leurs parents sont morts depuis quinze, vingt, trente ans, mais la douleur de l'enfant qu'ils ont été est toujours là. Intacte. Elle se lit sur leur visage et s'entend dans leur voix, à l'œil nu je la vois battre dans leur corps, dans leurs veines. En circuit fermé.
Il regarde la ville, cette superposition de mouvements. Ce territoire infini d'intersections, où l'on ne se rencontre pas.
Emma, nous sommes des enfants du silence, c'est la faim qui nous dévore, et le rêve aussi.
C'est l'histoire d'une petite fille en équilibre sur une branche, qui ne mange plus rien d'autre que des livres.
Certains secrets sont comme des fossiles et la pierre est devenue trop lourde pour la retourner. Voilà tout.
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Dans la même œuvre

Mais les gens désespérés ne se rencontrent pas. Ou peut-être au cinéma. Dans la vraie vie, ils se croisent, s'effleurent, se percutent. Et souvent se repoussent, comme les pôles identiques de deux aimants.
L'échec amoureux n'est ni plus ni moins qu'un calcul coincé dans les reins. De la taille d'un grain de sable, d'un petit pois, d'une bille ou d'une balle de golf, une cristallisation susceptible de provoquer une douleur forte, voire insoutenable.
Il avait oublié à quel point il était vulnérable. Est-ce que c'était ça être amoureux, ce sentiment de fragilité? Cette peur de tout perdre, à chaque instant, pour un faux pas, une mauvaise réplique, un mot malencontreux?
Il y a dans la relation amoureuse une forme de férocité infuse et inépuisable.
Les gens gentils sont les plus dangereux. Ils menacent l'édifice, entament la forteresse.